CYCLE phase 1.
il y a dix ans aujourd'hui et presque jour pour jour, j'entrais dans une phase d'évolution vers le haut après avoir usé quelques une de mes années de jeunesse dans la mouise absolue. Jusque là, j'avais toujours dessiné, tout le temps, tous les jours, depuis la petite enfance, puis en primaire, au collège, au lycée, et enfin aux beaux arts. Sortis des beaux arts, j'avais atteint ma vitesse de croisière au niveau productivité et depuis cette période, je me suis arrangé pour garder le rythme malgré les problèmes et les obstacles de la vie en général. 3 ou 4 ans après ma sortie des beaux arts, je n'habitais plus en province, j'habitais une chambre de bonne minuscule du 17ème arrondissement de Paris et il m'était désormais impossible de faire dans le grand format. J'ai réduit le format, mais pas la productivité. Je faisais un boulot de chien sous-payé mais j'abattais quand même mon cota nécessaire au cheminement naturel et à la continuité de mon boulot artistique personnel. Tout ceci m'a mener jusqu'au milieu des années 90.
Et que c'est-il passé à ce moment là? Et bien, je me suis mit à gagner beaucoup mieux ma vie. J'ai déménagé, commencer une existence de moins en moins en rapport avec la survie. J'avais un nouveau boulot, mieux payé, environ 4 à 5 fois le salaire de mon ancien taff peu ragoutant. Où est le hic? Et bien, le hic c'est que ce nouveau boulot consistait à dessiner toute la journée. Impecc me direz-vous. Et bien, je répondrais: "presque" car depuis ce temps-là, je n'ai plus jamais toucher un pinceau ou une mine noire pour continuer de faire évoluer ce que j'avais si bien commencé aux beaux arts. Il y a eu comme une véritable rupture. Un arrête brutal. Gribouiller toute la journée ne me donnait plus envie de m'y recoller le soir en rentrant chez moi. Il arrivait parfois que je prenne un pinceau, que je tente quelque chose et même que ça aboutisse à une toile ou un dessin que je finissais par archiver quelque part mais la verve avait quasiment disparu. Et plus le temps passait, plus ces tentatives se faisaient rares et généralement sur des supports papiers d plus en plus petits, comme des notes prisent vite fait, pour plus tard, un "plus tard" qui m'apparaissait de plus en plus lointain. Ces "notes" ont commencé à être de plus en plus nombreuses jusqu'à remplir des carnets, des albums photos, toujours dans l'espoir de revoir arriver ce "plus tard", ce moment où je pourrais m'y recoller comme avant, sur des formats plus grands, plus intéressants, et dans des conditions plus propices à la reprise de l'évolution laissée en stand by depuis quelques années maintenant.
Et nous voici en 2005 ou presque, c'est à dire quasiment dix ans depuis le début de ce stand by artistique et personnel, dix ans depuis ma sortie de la mouise. Et que ce passe-t-il? Et bien exactement l'inverse. La mouise revient peu à peu dans cette époque difficile et comme par hasard, naturellement et sans que je fasse consciemment le lien direct, voilà que je fonce chez Graphigro m'acheter du matériel et du papier. ça me prends d'un coup, comme une espèce d'effusion impossible à contrôler. Je revienbt des chez Graphigro et je m'y colle direct, je déballe les crayons et en voiture Simone, un truc pondu-terminé moins d'une heure plus tard. Et voilà que ça dure en plus! Je gribouille le matin, le soir, dans l'après-midi, je commence à avoir du mal à penser à autre chose. J'ai envie de m'y coller toute la journée, à plein temps, jusqu'à épuisement, en agrandissant peu à peu les formats, jusqu'à ne faire plus que ça, jusqu'à ce que ça change carrément ma vie, là, d'un seul coup.
Mais je ne peux plus trop me le permettre aujourd'hui. Je n'ai plus trop la possibilité de me lancer dans une aventure pareille qui nécessite un détachement total de tout, y comprit des histoires de fric nécessaires à la survie en milieu Parisien.
Du coup, je ressort les vieux fonds de tiroirs que je scanne, retravaille. Je me contente de moyens formats, A3 grand maxi mais ça le fait quand même, c'est toujours mieux que rien, surtout après autant de vide durant autant de temps. En regardant mes crobarts actuels, je me rends compte qu'il y a quand même un chouillat d'évolution, plus timide vu qu'elle ne s'est faite que mentalement, mais en tout cas, pas de rupture brutale dans le style, on devine au premier coup d'oeil qui est l'auteur des dessins actuels comme des plus vieux et c'est ça le plus important, la continuité et l'évolution.
Les photos correspondant à cet articles sont des toiles faites il y a dix ans. 2 toiles et un crobart fait sur un post-it. J'en ai plein d'autres, mais ils sont quelque part à la cave et j'ai la flème de les chercher.
Alors voilà, j'exhibe, si des fois ça intéresse quelqu'un....


