Mai 68, zieg Heil!!!

Publié le par Slobodan Slobodan

Dimanche dernier, les "ateliers d'artistes" de la rue Ordener (Paris 18) ouvraient leurs portes au public. Déjà, je tiens à préciser que les guillemets iraient mieux sur mot "artistes" seul plutôt qu'"atelier d'artistes". Vous savez comme moi que les artistes n'existent plus depuis pas mal de temps maintenant, ne reste qu'une bande de fumistes à la solde des industries. Fumistes qui continuent à entretenir le mythe de l'artiste dans l'espoir (et avec l'aide de quelques amis bien placés) d'obtenir tous les privilèges qui collent à ce pseudo-statut. Les ateliers de la rue ordener sont un exemple fulgurant de la fumisterie et de l'abus dont use cette sous-catégorie. Je m'en doutais un peu jusqu'ici, mais rien de très fondé. Il fallait le voir pour le croire.

Donc, je rentre dans ces locaux un peu atypiques comme diraient les enculés de l'immobilier parisien. Dans le hall de l'entrée, une liste des ateliers et "artistes" faisant portes ouvertes. C'est à dire que tout le monde ne fait pas porte ouverte. Les locaux sont constitués de trois bâtiments en barre de béton sur 6 ou 7 étages. Les entrées sont désservies par des paliers de béton en passerelles. Bâtiments A, B et C. Les rez-de-chaussées disposent d'un petit jardinet. Je ne sais pas combien d'ateliers exactement sont regroupés par bâtiments mais le nombre d'ateliers ouverts par rapport au nombre de piaules par bâtiment est dérisoire.  Au premier coup d'oeil à travers les immense verrières des lofts, on comprends tout de suite pourquoi cette porte ouverte est si pauvre en expositions: les trois quarts des ateliers sont aménagés en habitation. Et voilà le triste secret de ces ateliers qui sont une vraie bénédiction pour les gens qui connaissent du monde suceptible de gonfler leur demande d'atelier-logement. Des piaules sur deux niveaux et pas mal de mètres carrés pour des loyers dérisoires.

Le gros problème, c'est que rien ne parait vraiment réglementé.  Si je voulais (je dis JE mais pas mal de monde réagirait ainsi) louer des ateliers pas chers pour que des artistes puissent y vivrent et y bosser en attendant des jours meilleurs, je commencerais probablement à réglementer le temps d'occupation. Ensuite, les gens seraient triés en fonction de leurs besoins.

J'ai vu un couple avec enfants occuper un loft de folie sur deux niveaux alors que la gonzesse ne donnait que dans l'illustration pour enfants au feutres sur des formats ne dépassant jamais le A3! En revanche, dans le bâtiment B, un sculpteur sur métaux devait partager un atelier de moitié  plus petit avec une photographe. Absurde. L'illustration pour gosses sur format A3-A4 ne nécessite même pas un atelier. Pourtant, d'après ce que racontatit son mec à un type, il avait fallu constituer un dossier, à la mairie de paris, au ministère de la culture, etc. Et personne ne s'était aperçu de rien??? Personne ne s'est rendu compte que son boulot se rangeait dans un mouchoir de poche?? Merde!

Enfin, ça, ce n'est qu'un aspect de la chose. L'autre problème, c'est les vieux de la vieille! Ceux qui se sont rué sur ces espaces incroyables dans les années 60 et n'en on jamais bougé! Il y a même des plaques d'architectes à l'entrée. Les vieux qui squattent sévère ces immenses ateliers à très bas prix étaient censés y emménager pour le coup de pouce avant de libérer la place (une fois obtention de revenus corrects) pour les plus jeunes arrivants. Mais pensez-vous, ma bonne dame, le vieux con s'accroche comme un lichen. Même pourri, il faut le décoller au couteau! Ils vont pas lacher de sitôt cette occase en or de payer que dalle pour un espace si grand et si propice. Les plus jeunes peuvent bien crever la gueule ouverte! Ah ça oui! Ah les petits cons!  D'ailleurs, je connais des gens qui habitent un de ces ateliers de la ville de Paris. Ils paient un loyer minable pour plus de cent mètre carrés. Leur secret, les refilages de plans de père en fils!! Et oui brave gens, même en attendant que les vieux meurent, vous n'êtes même pas sur de pouvoir avoir votre atelier car les papas qui veulent se faire la malle refilent avant de décarrer le loft à leur fifils ou fifille. Le nom ne change pas sur les papiers et c'est impeccable, ni vu ni connu, c'est reparti pour une génération entière!

Au sommet de l'un des bâtiment, on tombe sur une terrasse. Ma copine qui était avec moi me dit qu'elle "reconnait" cette terrasse qui est celle d'un type qui à été intervenant sur un stage de peinture qu'elle avait suivi il ya deux ans. Le type avait apporté un jour une photo de cette terrasse et l'avait montré aux gens du stage en disant que c'était là qu'il habitait, dans les ateliers de la rue Ordener. Le plus dégueulasse dans tout ça, c'est que le loft avec terrase de ce mec ne lui sert que d'habitation. Et pas du tout d'atelier. D'ailleurs, bien souvent, dans certains ateliers ouverts, on devine aisément que personne ne travaille là. Ils y habitent mais n'y bossent pas. Les dessins ou peintures sont posées ça et là, aux murs ou à même le sol mais on sent pertinement que ce n'est pas ici qu'elles ont étés faites.

Il y a quand même quelques exceptions, mais en très très grande minorité. 

 Je n'ai vu aucun jeune là-dedans. Aucun.

Grosse majorité de vieux. C'est comme pour l'art. J'en ai pas vu des masse. J'ai vu du gribouilli sur des format timbre poste ou carte postale, de la peinture ou de la poterie décorative mais pas d'art là-dedans, toujours à une exception près.

En comparaison, le squat de la rivoli était beaucoup plus riche et intéressant que ces cabanes de nantis qui vivent comme sous Mitterand dans les années 80 et s'étonnent de la violence mondiale grimpante. Ils sont obsolètes.

Dans la cour tournait un type entièrement sapé schwartz, écharpe de même non-couleur négligeament jettée autour du coup. ça paradait sec.

Il attendait visiblement qu'on le reconnaisse, ayant sans doute oublié qu'il est loin d'être une star.

Ce type, je l'ai reconnu tout de suite, c'est Romain Goupil. Le soixantuitard attardé de service qui habite là depuis des décénnies! Et on se demande bien pourquoi! Il devrait normalement, comme tous les soixdatuitards être pourri de pognon depuis les années 80! Comme tous les ex-soixantuitards célèbres, il devrait être au FN ou dans un parti ultra-radical car ces types là sont la cause directe de pas mal de merdiers irreversibles en vigueur aujourd'hui. Et en parti de la mort totale de quasiment toutes les formes d'art, ce qui est un comble pour un locataire des ateliers Ordener. D'accord, je fais de l'amalgamme, merde, ya pas besoin d'y réfléchir dix ans pour s'apercevoir que ces mecs ont tout foutu à genoux sans sourciller en ouvrant grand la porte au rouleau compresseur libéral.

Seguela à tuer les arts graphiques et la photos au profit du profit, et ce n'est qu'un vague exemple, la goutte d'urine dans l'océan de la marrée noire. Ils avaient 20 ans, ils ont cru pouvoir changer le monde mais tout s'est terminer très vite. Alors pour ne pas terminer comme ceux qu'ils entendaient défendre, ils se sont arrangé pour êtres bien plus pourris encore que les dominateurs qu'ils "dénonçaient". Voilà le portrait du soixantuitard qui me parait le plus cohérent. Juste un élève ayant dépasser le maître,  un élève ayant prit son ennemi pour maître. Inutile d'attendre qu'ils crèvent tous, ces baby boomers ont fait des petits depuis longtemps! Non seulement ça, mais ils ont fait école. Trop tard, je crois que c'est foutu, les gars!

Et comme dirait le capitaine Conan sur la fin, voûté, face à la fenêtre du bistrot:

"Allez..."

Vive Sarkozy, vive le pinard, vive les anal-phabêtes français de TF1, vive les rillettes d'oie, vive les millions de morts de 14-18, vive les millions de morts en algérie, vive Renault, vive Peugeot, vive l'affaire Dreyfus, vive le 19ème siècle permanent, vive le trou de la sécu, vive la canicule, vive raffarin, vive fabius et Jospin, vive Delarue, vive Dien-bien-phu, vive la débâcle, vive Pétain, vive De gaulle, Vive la Frrraaaaaanncccceeee!!!!!!

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Publié dans slobodan

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Commenter cet article
M
"le vieux con s'accroche comme un lichen. Même pourri, il faut le décoller au couteau!"Belle sentence...petit commentaire, là :http://mcwp.over-blog.com/article-27610.html
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S
Ouais, ouais, je sais! Mais bon, déjà, je suis balade gomme un chien, j'ai le nébouché et tout le merdier et en plus, je bosse sur un roman étrange pour un projet étrange, avec des initiales qui feraient bander robert hue! Tu vois ce que je veux dire?
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S
Bah alors, monsieur, on a choppé la Nikoïte ? Pas d'update sur le blog depuis plus de 5 jours ? C'est quoi cette histoire?
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E
Sidérant ...et en même temps ...je ne suis même pas surpris ....<br /> <br /> Enculée de Société !
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H
no comment. le texte en dit beaucoup.
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